Avec les premiers flocons viennent aussi les enfilades de boîtes de mouchoirs et le défilé des sirops pour la toux. L’hiver, nous sommes tous plus susceptibles aux infections (rhume, grippe, sinusite et cie), mais pourquoi? La plupart d’entre vous auront entendu parler des anticorps, ces petits soldats de l’immunité. Mais d’où viennent-ils et sont-ils les seuls responsables de notre guérison?

Quand j’étais étudiante, j’ai réalisé à quel point le corps humain est une machine incroyable en suivant mon premier cours d’immunologie. J’y ai appris comment fonctionne le système immunitaire et que celui-ci a une mémoire (pas comme la mémoire de l’eau…). L’article sur lequel je me base pour rafraîchir mes connaissances date déjà de presque 20 ans (2001), mais la base du fonctionnement du système immunitaire n’a pas changé. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de recherche sur le sujet, rassurez-vous!

Donc, qu’est-ce que le fameux système immunitaire? Il ne s’agit pas d’un organe, au même titre que le cœur, mais certains organes y contribuent, la rate et le thymus par exemple. Commençons par les types d’immunité. Il y en a deux: l’immunité innée et l’immunité acquise. L’immunité innée est comme une réponse d’urgence, un chaos, comme dans l’expression « on fonce dans le tas! » L’immunité acquise est plus précise, plus organisée. Le plan de match est établi d’avance et on profite des infections précédentes pour rendre la réponse plus efficace, plus adaptée. Rien de sorcier jusqu’à présent!

L’immunité innée fait appel aux cellules immunitaires (macrophages, neutrophiles, monocytes). Il est important de mentionner que ces cellules immunitaires sont en déplacement. Les macrophages, par exemple, vont littéralement chasser et manger les méchantes bactéries (je vous laisse un lien YouTube à la fin de l’article, d’un macrophage en action). On se doute que les cellules immunitaires sont capables de reconnaître les intrus, sinon elles seraient tentées de tout détruire. Les bactéries à gram négatifs portent des lipopolysaccharides à leur surface. Des hippopoquoi ?! Disons simplement que les bactéries et les levures portent des petits chapeaux, selon leur type, et que les cellules immunitaires sont en mesure de les reconnaître. En plus de ces « chapeaux », des molécules les dirigent vers le site de l’infection. On dit de celles-ci qu’elles sont chimioattractives, c’est-à-dire qu’elles dégagent des signaux chimiques qui attirent les cellules immunitaires au bon endroit, comme une odeur de café et de pâtisseries qui nous attire à l’intérieur d’un commerce.

On ne peut pas parler du système immunitaire innée sans parler du complément, le cauchemar ultime de tous les étudiants des cours d’immunologie. Essayons donc de rendre le concept le plus simple possible. En fait, pour comprendre le complément, il faut penser à une réaction en chaîne de dominos. La présence de bactéries ou la liaison entre un anticorps et une bactérie permet d’activer cette cascade, comme quand on pousse le premier domino. Les différents éléments du complément se lient ensuite tous ensemble pour former un gros complexe capable de détruire des cellules bactériennes (bye bye microbe!).

J’ai parlé du complément pour faire le pont entre les deux types d’immunité, puisqu’il contribue aux deux. Attaquons-nous maintenant à l’immunité acquise, l’immunité qui utilise les anticorps, celle qui est plus organisée. Les deux principales cellules responsables de cette immunité sont les lymphocytes T et les lymphocytes B, dont vous connaissez déjà sûrement le nom.

Commençons par les lymphocytes T. Ces cellules sont produites dans la moelle épinière et se déplacent ensuite dans le thymus. Elles rencontrent ensuite d’autres cellules, pour se faire présenter des antigènes. Les antigènes sont spécifiques, selon le type de bactéries. Les cellules reconnaissent les bactéries par leurs antigènes comme on reconnaît les gens par leur nom. Les cellules T deviennent donc spécifiques à un antigène. La chose est beaucoup, beaucoup plus complexe en réalité, mais malgré que les détails soient fascinants, je vous les passe.

Les lymphocytes B sont un peu différents, puisque c’est eux qui produisent les anticorps ou immunoglobulines (Ig). Ils ne font donc pas le sale travail eux-mêmes. Le travail des anticorps est de neutraliser les toxines, d’empêcher les bactéries de coller aux muqueuses, d’activer le fameux complément, de sensibiliser les cellules tumorales et j’en passe… Comme pour les cellules immunitaires, il y a plusieurs sortes d’anticorps, qui ont chacun leur fonction bien spécifique (comme tout ce qui se trouve dans le corps humain!) Par exemple, les IgG sont les anticorps qui circulent dans le sang, les IgA sont dans les sécrétions (la morve!) et les IgE sont ceux qui sont responsables des allergies. Les anticorps sont comme des petits soldats qui tiennent l’ennemi prisonnier jusqu’à ce que celui-ci soit détruit.

Voyez le système immunitaire comme une très grosse équipe divisée en deux clans: le clan des bagarreurs qui tapent sur tout ce qui bouge et le clan des organisés, qui attendent de bien reconnaître une bactérie avant d’aller au front. Les organisés ont plus de succès et cause moins de dommages collatéraux que les bagarreurs, comme dans la vie. D’où l’importance des vaccins, qui préparent notre système immunitaire aux envahisseurs futurs!

Pour l’article complet, c’est ici

Pour voir un macrophage en action, c’est ici

Vulgarisation par Ariane Langlois

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