Les antibiotiques ont été découverts il y a déjà plusieurs dizaines d’années. À l’époque, cette découverte a révolutionné le monde de la médecine et beaucoup de morts ont pu être évitées grâce à leur utilisation. Malheureusement, depuis quelques années nous vivons une crise des antibiotiques et ceux-ci sont de moins en moins efficaces, si bien que, si rien n’est fait, on pourrait atteindre les 10 millions de décès par an, d’ici 2050.

Les bactéries sont de petites bestioles plutôt futées. À force de côtoyer les antibiotiques, elles ont compris comment ils fonctionnaient et elles ont appris à les déjouer avec brio! Tout ça peut sembler près de la science-fiction, mais cela est bien réel! De plus, la majorité des antibiotiques développés au fil des ans ciblent les mêmes mécanismes. Facile donc de s’adapter! Et comme les bactéries sont aussi de bonnes communicatrices, les adaptions se partagent aussi entre les espèces!

Une des bactéries les plus problématiques est Staphylococcus aureus résistante à la méthicilline (SARM). La méthicilline est un antibiotique de la famille des pénicillines, largement utilisé. Vous vous rappelez peut-être de la « crise » du SARM en 2005? Il s’agissait de la première fois où on avait affaire à la « superbactérie » de façon plus importante[1], sans avoir une façon de la combattre. Cette bactérie se trouve bien sûr dans les hôpitaux, mais aussi chez les animaux de compagnie et dans la nourriture. Même en étant prudent, le risque de la croiser est relativement élevé, d’où l’importance de trouver une nouvelle façon de la combattre!

Que vient faire votre potager dans tout ça? En 2009, l’équipe du Pr François Malouin a découvert que la tomatidine, une molécule présente dans la tomate, avait des propriétés antibiotiques fortes intéressantes. Dans ce cas-ci, le mécanisme bactérien visé par l’antibiotique est différent de ce qu’on retrouve habituellement, ce qui est très intéressant pour contrer les résistances! La tomatidine s’attaque à l’usine productrice d’énergie de la bactérie (seulement un autre antibiotique, nouveau lui aussi, utilise ce mécanisme). Il s’agit donc d’une percée majeure dans le monde des antibiotiques! Bien sûr, plusieurs essais en laboratoire et en clinique restent à faire avant que la molécule soit commercialisée. Et bien qu’il s’agisse d’une belle solution pour l’instant, nous ne pouvons pas descendre nos gardes, puisque les bactéries pourraient bien être en mesure de résister aussi à cette nouvelle molécule.

Pour lire l’article complet, c’est ici.

Vulgarisation par Ariane Langlois

[1]Après le C. difficile, le SARM, Radio-Canada nouvelles, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/236910/sarm-hopitaux, consultée le 26 avril 2019.

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