Comme j’essaie toujours de relier la vulgarisation à l’actualité, je me suis intéressée au sort des koalas, en Australie. Des feux de forêt font rage actuellement, ce qui détruit l’habitat de ces charmants petits oursons. Malheureusement, les feux ne sont pas leur seul problème. En faisant mes recherches, j’ai découvert que les koalas sont affectés par une espèce de rétrovirus, qui semble les menacer sérieusement.

À peu près tous les génomes des êtres vivants contiennent des gènes de rétrovirus. Cela date de plusieurs centaines de milliers d’années et ces gènes sont pour la plupart inactifs. Ils sont là, mais sans avoir d’impact sur nos vies. Pour les koalas, cela semble être un peu différent. D’abord, il semble que l’infection par le rétrovirus soit beaucoup plus récente (50 000 ans) que pour les autres espèces et qu’elle ne soit pas terminée. Aussi, ce ne sont pas tous les koalas qui sont infectés. Pour ceux qui le sont, certaines maladies seraient directement liées à la présence du rétrovirus dans leur organisme (pas très bon pour une espèce protégée !) C’est l’occasion idéale pour les chercheurs de mieux comprendre le mode d’infection des rétrovirus!

Il existe deux types de rétrovirus chez le koala : KoRV-A et KoRV-B (pour koala retrovirus). Le premier est endogène, c’est-à-dire qu’il se trouve dans l’organisme du koala (l’animal est déjà infecté), et le deuxième est exogène, donc il se trouve à l’extérieur (le virus peut infecter un nouvel animal, comme le virus du rhume). C’est celui-ci qui pose problème, puisque c’est lui qui est pathogène (qui rend malade). Le premier se trouvant déjà dans le génome depuis plusieurs milliers d’années, il ne pose pas de réel problème. Le koala étant maintenant considéré comme une espèce en danger, il est plus qu’urgent de bien comprendre le fonctionnement des KoRV et éviter leur propagation.

Les chercheurs ont examiné de plus près le cas des koalas porteurs d’un ou l’autre des rétrovirus. Ils ont constaté que tous les koalas étudiés sont porteurs de KoRV-A et qu’environ le quart sont porteurs de KoRV-B. Ce qui est intéressant, c’est ce que les koalas qui ont seulement KoRV-A sont en bonne santé, quoique porteurs d’une bactérie de type Chlamydia. Quant aux koalas KoRV-B, ils sont aussi infectés, mais les individus infectés développent des symptômes. Aussi, les individus KoRV-B présentent plus de néoplasie (tumeurs). Conclusion, pour préserver l’espèce, on doit s’attaquer aux rétrovirus, mais particulièrement à la forme exogène (KoRV-B) puisque c’est celle qui semble causer le plus de dommages.

En ce qui concerne le mode de transmission, KoRV-A passe directement de la mère à son bébé par l’ADN, comme le rétrovirus est endogène. Pour KoRV-B, la transmission se fait lorsque le petit est né et qu’il se trouve dans la poche ventrale. Le mode de transmission est donc plus similaire à celui d’un virus. On en connaît encore très peu sur le sujet, les études doivent donc être poursuivies.

Trois solutions sont donc proposées pour éliminer KoRV-B. D’abord, isoler les koalas sains, pour empêcher qu’ils tombent malades. Ensuite, traiter les koalas avec des antirétroviraux. Finalement, vacciner des individus sains, pour les protéger d’une éventuelle infection (ce qui n’est pas chose faite, puisqu’on ne connaît pas encore très bien le virus). En résumé, on s’occupe du cas des koalas comme on gère une question de santé publique ! Facile en apparence, plus complexe quand vient le temps d’agir !

Pour l’article complet, c’est ici

Vulgarisation par Ariane Langlois

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