Si vous écoutez les nouvelles ces temps-ci, vous avez probablement entendu que beaucoup d’efforts sont mis à trouver de nouvelles utilisations à des médicaments qui existent déjà, pour traiter la COVID-19. Pas nécessairement dans le but de traiter complètement la maladie, mais au moins pour diminuer les symptômes et peut-être éviter le syndrome respiratoire aigu sévère, qui cause actuellement les décès.

En allant voir les développements sur le site web de Nature (une des plus grande revue scientifique), j’ai trouvé un article qui expliquait le travail derrière tout ça. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’un article encore officiellement publié, mais déjà accepté. Pour être publié dans une revue, les articles sont, la plupart du temps, révisé par les pairs. Cela veut dire que d’autres spécialistes lisent l’article et apportent leurs commentaires. C’est ce qui permet de s’assurer que la recherche est bien menée et d’éviter que n’importe qui publie des recherches faites n’importe comment. Dans ce cas-ci, ce processus a été accéléré et une première version très brouillon a été publié, dans le but de donner accès le plus rapidement possible aux résultats. Plusieurs personnes se demandent si les chercheurs font leur petite affaire, chacun de leur côté, ou s’ils échangent et partage leurs découvertes. On voit bien grâce à cet article qu’on souhaite rendre les résultats disponibles rapidement, pour tout le monde!

Donc, le but de la recherche dont je vous parle aujourd’hui est de comprendre les interactions entre les protéines du virus et les protéines humaines. De cette façon, on pourra voir s’il existe déjà des molécules qui s’attaquent directement à ces interactions. Ça ne se fait malheureusement pas en criant ciseau! D’abord, on doit connaître le code génétique du virus. Bonne nouvelle, on connaît cette information depuis un moment déjà. Ensuite, on doit savoir quelles protéines sont issues de ce génome. Une fois que cela est fait, on fait des essais pour identifier les interactions.

Pour connaître ces interactions, on procède par clonage. On produit donc les protéines, en leur ajoutant ce qu’on appelle un «tag«, une étiquette. Cette étiquette agit comme un genre de velcro. C’est comme si la protéine du virus avait un petit bout de velcro doux à son extrémité. Une fois que c’est fait, on mélange cette protéine avec des protéines humaines et on mélange le tout avec des billes microscopiques qui portent un bout de velcro rugueux. Les protéines du virus vont se coller sur le velcro rugueux et on pourra les récupérer. Ensuite, on regarde s’il y a seulement la protéine du virus ou s’il y a des protéines humaines. Si c’est le cas, c’est que la protéine du virus et la protéine humaine ont interagi ensemble! Vous aurez compris que ce n’est pas vraiment du velcro qui est utilisé. Souvent, on utilise la biotine, une protéine, et la streptavidine, un antibiotique. La biotine et la streptavidine ont autant d’affinité que le beurre d’arachide et le confiture (ou que le velcro doux et le velcro dur…)

Maintenant, on connaît un peu mieux les interactions entre les protéines du virus et les protéines humaines. C’est l’heure de l’analyse des résultats. On essaie de comprendre l’effet des interactions et de voir si, parmi celle-ci, il n’existe pas déjà des médicaments qui les cibles. C’est le but final de l’exercice, mais c’est loin d’être terminé. On doit maintenant testé ces éventuels médicaments pour voir s’ils sont efficaces dans le cas de la COVID-19.

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de trouver un vaccin pour prévenir l’infection ou d’un remède qui permet de guérir complètement un patient, mais si on peut au moins rendre les symptômes moins intenses, ce serait déjà un pas dans la bonne direction!

Pour lire l’article complet, c’est ici.

Vulgarisation par Ariane Langlois

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