Plusieurs d’entre nous passent plus de temps à l’extérieur par les temps qui courent. Cela nous permet de prendre plus conscience de notre environnement et des animaux qui y habitent. Certains se font même de nouveaux amis vers de terre ! Pour ma collègue Valérie, ce n’est pas le ver de terre qui a attiré son attention, mais un syrphe (ou syrphide). Il s’agit d’un insecte moitié mouche, moitié abeille et potentiellement sauveur de la pollinisation !

Pour voir à quoi ça ressemble ici.

Un groupe de l’Université de Sydney, en Australie, s’est intéressé au rôle que pourrait avoir le syrphide en tant qu’agent de contrôle biologique et en tant que pollinisateur. (Un agent de contrôle biologique est un insecte ou une plante qu’on utilise pour contrôler les indésirables, plutôt que d’utiliser des pesticides ou des insecticides). On sait depuis un moment que les abeilles sont très sensibles aux pesticides et insecticides utilisés dans les champs, ce qui a fait diminué leur nombre de façon drastique. Il est donc important d’avoir plus d’espèces de pollinisateurs. Aussi, on tente de plus en plus de contrôler la présence d’insectes nuisibles en introduisant leur prédateur dans l’environnement. Ce qui est intéressant dans le cas du syrphide, c’est qu’il est à la fois pollinisateur ET prédateur ! L’équipe a donc fait une revue de la littérature pour recenser tout ce qu’on connaît de cet insecte mystérieux.

Commençons par le côté prédateur. Dans le cas du syrphide, c’est à son stade larve qu’il est un prédateur (et pas de n’importe qui !) La larve est un prédateur naturel du puceron, connu pour causer des ravages dans les champs. Depuis le début, on parle de syrphide en général, mais il en existe plusieurs différentes espèces (comme il existe plusieurs races de chiens), qui ont chacune leurs caractéristiques. Ainsi, certaines espèces mangent plus de pucerons à des températures plus basses et d’autres, à des températures plus chaudes. Cette information est cruciale pour les agriculteurs qui seraient tentés de les utiliser dans leurs champs ! Ces données proviennent toutefois d’expériences menées en laboratoire. Qu’en est-il réellement dans les champs ?

Dans le champ, les résultats sont beaucoup moins intéressants. D’où vient cette différence ? Elle vient du fait que, dans le champ, il y a bien d’autres prédateurs, qui peuvent aussi être des prédateurs des larves de syrphides. Les larves ne survivent pas et même, dans certains cas, les conditions ne sont pas propices à la ponte des œufs par les femelles. Par exemple, les femelles préfèrent déposer leurs œufs dans des endroits où il y a une forte concentration de pucerons. On se pose aussi des questions sur la possibilité que certaines plantes attirent les femelles syrphides et les incitent à pondre, mais il n’y a que très peu d’informations à ce sujet.

Pour ce qui est de la pollinisation, les syrphides semblent polliniser une grande variété de plantes. Les auteurs de la revue de la littérature mentionnent que les syrphides sont des généralistes, compte tenu de la grande diversité de plantes qu’ils visitent. Mais attention, ce n’est pas parce que les syrphides aiment beaucoup de plantes qu’ils sont nécessairement de bons pollinisateurs. Cette qualité dépend de trois facteurs : la quantité de pollen que l’insecte peut transporter, la fréquence des visites de l’insecte sur une plante et la fréquence de dépôt du pollen sur les fleurs. Par exemple, contrairement aux abeilles, les syrphides n’ont pas les pattes aussi poilues, ce qui rend le transport du pollen moins efficace. Cependant, les différentes espèces de syrphides semblent agir de façon complémentaire, c’est-à-dire qu’elles ne pollinisent pas toutes les mêmes plantes, ce qui élargit la diversité d’espèces qui profitent de leurs services.

La viabilité du pollen a même été étudiée ! C’est que pour que la pollinisation fonctionne, le pollen doit être en bon état lorsqu’il est déposé sur la plante qui le reçoit. Les différentes espèces de pollinisateurs n’ont pas toute la même capacité à maintenir un pollen de qualité et les syrphides semblent bien tirer leur épingle du jeu !Il y a encore beaucoup à faire pour bien comprendre comment tout cela fonctionne (d’ailleurs, il y a beaucoup plus de détails dans l’article), mais l’utilisation du syrphide semble être une avenue intéressante au problème des abeilles en ce moment.

Pour lire l’article au complet, c’est ici.

Vulgarisation par: Ariane Langlois

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