Comme beaucoup de nouvelles technologies, les insecticides ont été (et sont toujours) utilisés en très grande quantité dans les grandes cultures. Un peu comme les antibiotiques, les insecticides sont victimes de leur succès puisque leurs cibles développent des résistances. Plus on en utilise, plus les résistances se développent. Les gens se tournent donc vers de nouvelles formulations, qu’ils utilisent aussi en grand quantité et, devinez quoi, les insectes deviennent résistants !

                Habituellement, les résistances prennent naissance directement dans l’ADN des insectes en question. Par exemple, la cible de l’insecticide peut muter, comme si on changeait la serrure de notre porte d’entrée. L’insecte peut aussi devenir capable de dégrader l’insecticide ou même de l’évacuer rapidement. L’insecticide n’a donc plus d’effet et les insectes peuvent envahir tranquillement les grandes cultures !

                Une équipe de chercheurs japonais a toutefois fait une découverte fort intéressante. La littérature scientifique montre que le sol des champs où on utilise beaucoup de fenitrothion (un insecticide) contient des quantités très élevées de bactéries capables de le dégrader. Les bactéries transforment la molécule toxique en une molécule qui l’est beaucoup moins et en carbone pour se nourrir. Là où ça devient intéressant, c’est que Riptortus pedestris, un parasite des plans de légumineuses, abrite des bactéries du genre Burkholderia dans son intestin. Pourquoi ? Parce que les Burkholderia font partie des bactéries capables de dégrader le fenitrothion.

                Des premières observations ont permis de montrer que les R. pedestris infectés par Burkholderia sont plus grands et gros que leurs semblables qui ne sont pas infectés. Comme cette cohabitation semble présenter des bénéfices autant pour l’un que pour l’autre, on parle alors de symbiose ! Peut-être avez-vous déjà vu l’exemple classique de symbiose où un oiseau vit sur le dos d’un éléphant. Mais est-ce que la capacité de dégradation du fenitrothion de la bactérie se transfère à l’insecte ?

                Il semble que oui ! Les chercheurs ont infecté les insectes avec des bactéries capables ou non de dégrader l’insecticide et les ont placés sur des plants traités à l’insecticide. Résultat, les insectes infectés par les bactéries qui dégradent le fenitrothion ont survécu et les autres non. Pour l’instant, les chercheurs ne savent pas exactement comment c’est possible, il s’agit de l’étape suivante de leur projet.

                Cet exemple nous montre que, finalement, l’utilisation à grande échelle des insecticides n’est peut-être pas la meilleure solution pour enrayer les parasites dans les cultures. L’agriculture a plus petite échelle, qui utilise des prédateurs naturels est une alternative plus viable à long terme. Elle demande toutefois un changement majeur des habitudes de culture et de consommation !

Pour lire l’article complet, c’est ici : https://www.pnas.org/content/109/22/8618

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