Soyons honnêtes, nous sommes tous à la recherche de la distraction qui nous permettra de tenir le coup jusqu’à on ne sait pas quand. Pour certains, c’est le pain, pour d’autres, le plein air. Toutefois, un des passe-temps qui a le plus la cote ces temps-ci, et qui se pratique à n’importe quelle heure (du jour ou de la nuit !), est le désormais fameux casse-tête! Plus jeune, je passais des après-midis complets avec ma grand-mère, à la table de la cuisine, à essayer de trouver LE morceau pour compléter le ciel ! À ce moment, je ne le savais pas, mais il m’apparait maintenant possible que cette activité, en apparence banale, ait permis à ma grand-mère de préserver sa santé cognitive.

               Une équipe de recherche de l’Université d’Ulm, en Allemagne, s’est penchée sur la question. Selon l’équipe, le casse-tête permettrait d’exercer notre cerveau à plusieurs tâches cognitives : la perception visuelle, la rotation mentale des pièces, la rapidité cognitive et l’analyse des pièces, la flexibilité cognitive, le raisonnement basé sur la perception et la mémoire, toutes ses tâches nous permettant de repérer des motifs, de trier les morceaux, de développer des stratégies. De plus, le temps passé devant le casse-tête nous permettrait aussi d’échapper au stress. Toute notre attention serait portée sur la tâche, au détriment de celui-ci. Jusqu’à présent, des études ont été faites chez des enfants, mais pas chez des adultes. Chez les enfants, il a été montré que les enfants ayant fait différents types de casse-têtes en 2 et 4 ans ont une meilleure perception spatiale plus tard.

C’est donc 100 adultes qui ont été recrutés et séparés en deux groupes : le groupe qui a fait des casse-têtes et le groupe qui n’en a pas fait. Le groupe contrôle, sans casse-tête, a reçu des consultations par téléphone à propos de la santé cognitive et des habitudes à prendre pour l’améliorer. Pour l’autre groupe, ils ont fait des casse-têtes (et ont aussi reçu les consultations téléphoniques). On voulait savoir si les tâches mentionnées plus haut sont bel et bien utilisées quand on fait des casse-têtes et si le fait de faire des casse-têtes a un effet protecteur.

Bonne nouvelle pour le groupe de recherche, la première question est validée ! La réalisation de casse-têtes fait bel et bien travailler notre cerveau sur plusieurs aspects. Par contre, les sujets du groupe contrôle se sont aussi améliorés sur ces points, sans faire de casse-têtes… En 30 jours, les habiletés se développent de façon significative chez quelqu’un qui n’a jamais fait de casse-têtes, mais pas chez les habitués. Ce qui veut dire que les activités de loisir qui demandent de la concentration offrent des bénéfices à long terme, mais pas de façon instantanée, ce qui n’est pas vraiment une surprise.

               Le plus intéressant, c’est les perspectives de l’étude. D’abord, le groupe aimerait faire une étude prolongée, sur quelques années plutôt que 30 jours. Aussi, ils aimeraient comprendre ce qui se passe avec les cellules du cerveau quand on l’entraîne de cette façon. Le groupe souhaite aussi se pencher sur les effets des casse-têtes sur la gestion du stress.

               Donc, continuez de faire des casse-têtes si vous appréciez. La clé unique de la jeunesse cognitive ne s’y trouve peut-être pas, mais pour pallier à l’ennui et au stress, le casse-tête demeure tout de même un passe-temps digne de mention !

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